Que nous dirait notre peur si on l’écoutait?

Halloween, la soirée de la peur

Ce soir c’est Halloween, la veillée du crépuscule où on joue à se faire peur, principalement pour rire, où le danger principal que nous courrons consiste à se gâter les dents. Fête des morts, aspects religieux ou païen, fête commerciale, je laisserai les philosophes et militants de la chose en débattre tout à leur aise.

L’envie m’est venue de parler de la peur aujourd’hui, cette peur qu’on tente d’apprivoiser en la provoquant et en la contrôlant. Ou en tentant de la contrôler pour le moins, car s’il est bien une émotion qui supporte peu le contrôle, s’il y devait y en avoir une, c’est bien la peur.

La peur de la mort en toile de fond

La peur de quoi d’abord? La peur peut être liée à une chose concrète, une situation, qui est perçue comme dangereuse. Dans ce contexte, la peur résulte du système d’alarme qu’a élaboré notre instinct de survie. Car la peur nous rapporte, nous autres les humains, consciemment ou inconsciemment, à notre peur fondamentale, existentielle, primaire, celle de la mort. Le grand mystère et la seule certitude de la vie, celle de notre propre disparition un jour, sur laquelle nous n’avons, pourtant, aucun contrôle.

Si plus généralement c’est l’incertitude qui nous fait peur, il est de cette peur-là, certain qu’elle est absolument certaine et que c’est bien ça qui nous fait peur.

Après il arrive aussi que le système d’alarme se dérègle, qu’il se déclenche intempestivement, parce qu’il a été sollicité par le passé et pense reconnaître, erronément, des éléments de danger, ou parce que nous en arrivons jusqu’à avoir peur d’avoir peur. C’est ainsi que se construisent au-delà de la peur, la phobie, l’anxiété, l’angoisse, puis la panique.

De la théorie du chat (noir?)

La panique, ce qui se passe quand nous nous éveillons la nuit en sueur, le cœur battant, avec cette impression désagréable qu’il faut fuir, loin et tout de suite. Mais où ça? Dans la cuisine où la lumière se cache la nuit dans le frigo? Le chat éveillé en sursaut nous regarde passer avec les petits yeux, peut-être l’occasion inattendue de gratter une caresse, qui sait, mais ses colocataires humains restent définitivement un mystère à ses yeux. Sympas mais bizarres.

De quoi avons-nous donc si peur la nuit dans notre lit? Vous n’avez jamais eu peur la nuit vous? Et bien j’ai peine à le croire! 😀 Et donc que nous dirait cette peur si elle pouvait nous parler? Plutôt que de la combattre, de tenter de l’oublier, de la chasser, de se trouver stupide, de payer des gourous, de s’abrutir de séries ou de cachets, si on l’écoutait, si on l’accueillait, et si acceptait d’être juste humain?

S’il est une image parlante qui me reste de ma formation de coach, c’est bien celle du chat dans un sac. Les émotions sont comme un chat dans un sac. Plus vous essayez d’enfermer un chat dans un sac, fermement et longtemps, plus il va vous sauter au visage, car il finira toujours par sortir, et là, garez-vous, il va faire chaud! De la même manière, on ne peut pas nier, enfermer, écraser nos émotions, car elles reviennent, avec plus de force. Normal, elles sont là pour nous avertir, si nous ne les entendons pas, elles continuent à hurler, de plus belle, jusqu’à ce que… nous nous arrêtions un instant pour les écouter tout simplement.

Nous les coachs, nous ne vendons pas des techniques pour ne plus ressentir d’émotions, et ce malgré la forte demande du marché, il faut bien le reconnaître. Ça c’est le business, plutôt juteux, des sociétés pharmaceutiques. Pourquoi? Parce que ce n’est pas possible, tout simplement, même si vous payez très cher.

Que peut-on y faire dès lors?

Des enseignements de la terreur

Ecouter notre peur pour commencer. Quel est le danger, réel ou imaginaire que cette peur nous indique? Qu’est-ce que j’essaie de fuir? Et à contrario qu’est-ce qui est si précieux pour moi que j’ai peur de le perdre, si désespérément? Pourquoi est-ce si précieux, en ai-je conscience? Qu’est-ce que ça m’apporte? Ces questions, parmi d’autres, permettent de prendre conscience de ce qui se cache derrière nos peurs.

Mais aussi, que se passerait-il dans le pire des scénarios? Pas celui des thrillers en streaming sur la tablette, non, celui bien plus élaboré et effrayant qui est conçu par les studios logeant l’étage supérieur de notre corps, dans notre tête. Quel est donc ce scénario catastrophe? Est-il réaliste ou complètement délirant? Et s’il devait se passer quand même, quelles sont mes ressources pour pouvoir y faire face?

C’est ainsi qu’en jouant à se faire peur, tout seul dans sa tête ou en échangeant avec d’autres, nous pouvons apprivoiser notre peur. Elle peut prendre un sens, nous aider à prendre les décisions qui sont bonnes pour nous, faire le lien entre notre cœur et notre tête. Nos émotions sont un bon serviteur, fidèle et dévoué mais un mauvais maître, emporté et tyrannique, et si nous n’avons pas le choix de les ressentir ou non, nous avons pourtant celui de leur donner la place qu’elles méritent.

Si vous avez envie de lire, de manière légère et amusante sur vos peurs, et apprendre à les apprivoiser, je vous recommande ce petit livre, joliment illustré: « Je dépasse mes peurs et mes angoisses » de Christophe André et Muzo.

Et attention, ne forcez pas sur les bonbons ce soir!

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